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| Cette église est
décrite dans bon nombre de guides touristiques et fait
l'objet de nombreux ouvrages. Aussi n'est-il peut-être
pas utile d'entrer trop dans les détails. Pour moi, Notre-Dame la
Grande, ou plus exactement sa façade, c'est avant tout
une impression : une véritable ivresse face à cette
profusion de détails qui chacun raconte son histoire. Si
j'ai à passer dans le quartier, je ferai un détour
exprès pour le plaisir de lever les yeux. Malgré
l'habitude, chaque fois un détail nouveau attirera mon
attention. Cette impression est encore magnifiée,
surtout sur fond de ciel bleu (ce qui n'est pas le cas
sur la photo ci-dessus), depuis qu'il y a quelques
années on a ravalé la façade. Elle apparait maintenant
souvent d'une blancheur éclatante et scintillante qui
évoquerait presque quelque confiserie géante.
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| La façade C'est bien entendu un chef
d'oeuvre reconnu de l'art roman, inscrit sur la liste des
monuments historiques par Mérimée. Elle fu érigée au
XIIème siècle ; des études ont montré que les
sculptures avaient été exécutées avant leur
assemblage. On sait aussi qu'elle a été construite
postérieurement au restant de l'église dont la nef a
été prolongée dans sa partie occidentale. Ce que l'on
sait de tout ça découle des observations des historiens
d'art, car il n'existe aucun écrit l'attestant.
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| La façade est
divisée verticalement en trois parties. La partie basse
et la partie médiane sont surmontées chacune d'une
corniche à modillons. Dans la partie basse, au-dessus du portail
est des arcatures, on peut lire de gauche à droite une
série de scènes bibliques, en commençant par Adam et
Eve. On reconnait encore, entre autres, l'arbre de
Jessé, la nativité, le bain de l'enfant Jésus (photo
ci-dessous), cette dernière scène n'étant pas raconté
dans les évangiles et étant rarement représentée dans
la sculpture romane.
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| Les personnages de
la partie médiane sont les douze apôtres et deux
évêques, leurs successeurs. On reconnait par exemple
Saint-Pierre, avec ses clés. Ces sculpures presque en
ronde-bosse préfigurent les statues du gothique (la
construction de la cathédrale Saint-Pierre, de style
gothique angevin, est d'ailleurs contemporaine). |
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| Dans la partie
supérieure, on remarque le christ debout dans une
mandorle dans laquelle on observe aussi un tétramorphe,
c'est-à-dire l'ensemble des quatre vivants symbolisant
les évangélistes (le lion pour Marc, le taureau pour
Luc, l'aigle pour Jean et l'ange pour Mathieu), ainsi que
deux personnages incarnant le soleil et la lune. La
statue du christ, comme beaucoup d'autres statues de
l'église n'a pas de tête, celle-ci ayant été
endommagée par les protestants au XVIème siècle. |
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| Outre les scènes
évoquées plus haut, qui se lisent selon une progression
de gauche à droite puis de bas en haut, on distingue un
eprofusion d'ornements d'inspiration végétale,
d'animaux ou de monstres variés. |
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| L'intérieur L'église est
particulièrement sombre et dégage une impression de
lourdeur qui contraste avec la finesse de la façade.
Oublions les peintures murales (du 19ème siècle) d'un
goût discutable et admirons plutôt la fresque romane
ornant la voûte du choeur.
On remarque autour
du déambulatoire quelques chapiteaux intéressants.
Ce qui frappe
surtout, c'est l'étrangeté du plan pour une église de
cette importance : en effet il n'y a pas de transept,
donc de plan en croix, et les deux parties principales,
soit la nef et le choeur, sont légèrement désaxées.
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