CHAUVIGNY

Eglise Saint-Pierre

Accès : 30 Km est de Poitiers (RN 151).

La collégiale Saint-Pierre figure parmi les églises romanes les plus importantes du Poitou. Située au sommet d'un promontoire rocheux, elle domine la ville de sa silhouette imposante.
L'extérieur

De loin, on remarque d'emblée la hauteur de son clocher, assez inhabituelle dans l'art roman. Toutefois, il semble que la partie supérieure de ce clocher carré à trois niveaux soit plus récente que les autres.

 

On aborde généralement cette église par sa partie orientale, ce qui pourrait expliquer que le chevet et les absidioles présentent un décor sculpté ihabituellement abondant, tandis que la façade occidentale, banale, ouvre sur une esplanade très étroite.

Le chevet

Cette partie de l'église offre un aspect étrange : vus du sol, on croirait le chevet et les chapelles exempts de couverture. En fait les corniches sont toutes surmontées d'un muret courbe qui masque la toiture.

 

Toutes les corniches sont ornées de modillons variés. Ceux des chapelles, les plus faciles à détailler, semblent de facture récente.

 

On remarque, dans les murs des chapelles, des sculptures sans doute réemployées : on reconnait notamment Saint-Pierre grâce à son attribut habituel (les clés).

 

Le transept

Intégrée dans un ensemble monumental serré comportant plusieurs chateaux forts, l'église ne dispose pas d'un espace au sol très vaste, ce qui explique le transept plutôt court. Remarquez l'alphabet gravé sur la fenêtre du croisillon sud. La tourelle d'angle surmontée d'une "pomme de pin" est richement décorée et rappelle les tourelles de Notre-Dame la Grande à Poitiers.

 

La façade

La simplicité de la façade tranche avec la profusion de décor ornant le reste de l'édifice. Il reste que cette façade est bien représentative des façades de la région, avec ses deux corniches à modillons. Le portail est peu décoré : juste trois chapiteaux de chaque côté, ces derniers n'étant pas facilement lisibles.

 

L'intérieur

La nef étant en cours de rénovation, je n'ai pas pu m'y rendre. Par contre le visiteur peut se régaler longuement de l'observation des chapiteaux du choeur. On n'en parle pas souvent, mais ce qui frappe ici en premier lieu, c'est la couleur. Comme à Notre-Dame la Grande, les peintures muralessont datées du XIXème siècle, toutefois il semble attesté qu'elles s'inspirent des décors anciens.

 

Le choeur

Il est entouré de 8 colonnes ornées de chapiteaux très connus et tout-à-fait intéressants. Certains d'entre eux illustrent des scènes bibliques. D'autres montrent le diable, ou encore des monstres dévorant des humains. L'ensemble évoque évidemment le thème récurrent de la lutte du bien contre le mal. Un des chapiteaux, illustrant l'épiphanie, porte sur l'abaque la signature du créateur de cet ensemble sculpté "Gofridus me fecit".

Du nord au sud, on découvre, entre autres :

- un diable couvert d'écailles, entouré de deux démons (photo 1 ci-dessous);

- des sphinx (monstres à corps de lion et ailes d'oiseaux). On remarquera l'harmonie de cette sculpture (photo 2);

- un personnage aux deux corps écartelés et à 4 jambes. Les monstres qui lui mordent les épaules semblent représenter des forces contradictoires. Le visage du personnage offre, quant à lui, une certaine sérénité tandis que les deux paires de jambes semblent esquisser des pas de danse (photo 3);

- des lions ailés et barbus, portant des serres de rapaces en guise de pattes, et dont la queue se termine par une main (photo 4);

- des scènes bibliques (l'annonciation, l'épiphanie, la présentation de Jésus au Temple, la tentation de Jésus dans le désert). Sur la scène de l'épiphanie, on peut voir la main de Dieu bénissant, geste reproduit par l'enfant Jésus (photo 5);

- le chapiteau suivant est celui, célèbre entre tous, des monstres dévorant des sujets à forme humaine (illustration de passions dévorantes ?) (photo 6);

- le septième chapiteau raconte d'autres scènes bibliques : Babylone, le pèsement des âmes, l'annonce aux bergers (photo 7);

- enfin on retrouve le thème des monstres dévorant des figures humaines. Cette fois il s'agit d'oiseaux (photo 8).

On remarquera que, bizarrement, tous les monstres anthropophages n'ont pas l'air bien féroces, mais arborent au contraire une expression placide.

Il ne faut pas quitter le choeur sans avoir jeté un coup d'oeil aux chapiteaux de la partie supérieure, où on reconnait notamment une chouette, symbole de la clairvoyance (photo 9).

Les culs-de-lampe sont également intéressants, avec entre autres cette figure humaine au-dessus de laquelle on reconnait une magnifique petite sirène (photo 10).

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